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Dimanche 14 mars

Larbi Benchiha était un des invités

du mag d’actu

ZOOM AFRIQUE

sur France Ô


Le 13 février 1960 à 7h04, la première bombe nucléaire française explose dans le désert du Sahara au sud de Reggane.

Cette explosion se fait contre l’avis des USA, de l’URSS et de la Grande Bretagne. Les trois puissances atomiques de l’après-guerre viennent de signer un moratoire contre les essais atmosphériques et la France est visée directement par ce moratoire.

La bombe, le général de Gaulle la veut à tout prix. Le pays est en pleine guerre d’Algérie mais dans le sud saharien, loin des combats qui déchirent deux communautés, les expériences et les tirs se succèdent sans discontinuer même pendant le putsch des Généraux.

De Gaulle est pressé, alors on multiplie les tirs, et comme les Américains ou les Anglais ne veulent absolument pas que la France entre à son tour dans le concert des nations nucléaires, ils se gardent bien de donner au Français la moindre information. Il faut tout inventer, tout imaginer. Les soldats du contingents et les populations locales sont misent à contribution.

La bombe, voulue par de Gaulle, a été l’un des enjeux secrets majeurs de la guerre d’Algérie, elle a pesé lourdement dans toutes les tractations secrètes entre Paris et le FLN. Le Maroc a eu son indépendance, la Tunisie et les autres pays d’Afrique de l’ouest aussi. Les limites de leurs territoires ce sont arrêtés aux portes du désert car si depuis des années le gouvernement sait que l’Algérie sera un jour indépendant, le Sahara où se font les essais nucléaires, ne fait pas partie des tractations. Il doit rester français.

En Algérie, les futures responsables de la jeune République algérienne rêvent d’un grand pays qui deviendrait un acteur majeur en Afrique. Le FLN négocie durement, il ne lâche rien et revendique l’intégrité territoriale et l’unité du peuple algérien. Alors oui ce sera l’indépendance, avec le Sahara en prime, mais les Français obtiennent l’essentiel : la poursuite des essais nucléaires jusqu’à 1966 et le maintien de la présence militaire française sur les bases de Mers El Kébir et de Bou-Sfer.

En 1962 les accords d’Evian scellent l’indépendance de l’Algérie, mais l’émergence de l’OAS contrarie l’esprit de ces mêmes accords, les européens sont contrains de quitter en masse la toute nouvelle Algérie. En revanche, les militaires français et les scientifiques du CEA vont continuer tranquillement pendant plusieurs années leurs expériences nucléaires au Sahara.

C’est cette histoire peu connue que ce film va raconter.

 

Le film fonctionne comme un voyage rythmé dans l’espace et le temps entre la France et l’Algérie.Il est construit sur les témoignages des acteurs directs de cette histoire. Ils vivent aujourd’hui en France ou en Algérie. Pour la plupart ils n’ont pas vraiment compris ce qui se passait et quels étaient les enjeux de ce qu’ils ont vécu.


Ce premier niveau constitue la base sur laquelle j’ai construi mon film. Une histoire racontée par des quasi inconnus, des gens comme vous et moi, de simples soldats, des habitants des villages voisins. Ils nous livrent leurs témoignages et pour certains les souffrances qui les accompagnent durant toute leur vie. A l’époque, les effets réels d’une explosion n’étaient pas, loin s’en faut, parfaitement connus. Beaucoup se sont retrouvés trop près ou sont venus inspecter les lieux trop vite. Pour d’autres leur présence à proximité avait échappé au service de surveillance mal informé ou mal préparé. Une fois les Français partis et l’indépendance obtenue, les autorités algériennes n’ont pas vraiment pris en compte les conséquences à long terme des installations restées sur place.

Le premier niveau de témoignage est mis en perspective par les récits des acteurs directs des négociations entre Paris et le FLN. Eux ont participé à l’élaboration de ces accords, ils nous disent comment le poids de la bombe a pesé dans l’histoire de l’indépendance de l’Algérie. Leurs récits viennent en contrepoint pour donner un éclairage direct aux événements.

Le discours officiel français en charge de la mise en place du programme nucléaire est donné par les archives des actualités de l’époque.